Dix ans de saignée industrielle

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Dix ans de saignée industrielle

Avec le dépeçage programmé d'Alstom, c'est la disparition d'un poids lourd de l'économie française qui s'annonce. Un traumatisme national, tant l'économie française est avant tout portée par ses grands groupes. En moins de dix ans, d'autres multinationales ont baissé pavillon, soit en étant avalé par leurs concurrents, soit fusionnant avec d'autres champions.

Et force de constater que ces rachats n'ont pas toujours provoqué les cris d'orfraies des gouvernements (en témoigne cet article à l'occasion du rachat de Pechiney : (http://www.lesechos.fr/08/09/2003/LesEchos/18983-050-ECH_le-gouvernement-francais-donne-le-feu-vert-a-la-fusion-alcan-pechiney.htm). Le signe d'un pays qui est devenu anxieux devant un monde qui bouge de plus en plus vite?

Désormais, la part des investisseurs étrangers dans le CAC 40 atteint 50%, contre 40% en 2007...

Peugeot : fin avril 2014 le constructeur automobile chinois Dongfeng prend 14,1% du capital de PSA, aux côtés de l'Etat français et de la famille Peugeot.

Lafarge : le numéro 2 mondial du ciment annone début avril 2014 sa fusion avec son concurrent suisse Holcim (numéro 3). Le futur ensemble, doté d'un chiffre d'affaires de plus de 30 milliards d'euros, sera côté à Paris et à Zurich. L'opération doit encore être validée par les autorités de la concurrence.

Publicis : en juillet 2014, le français, numéro 3 mondial de la Publicité, annonce son mariage avec son concurrent américain, Omnicom, numéro 2. De quoi former un ensemble de 17,7 milliards d'euros. Las, l'opération ne verra pas le jour, faute d'entente entre les deux sociétés.

Thomson : en juin 2012, le fonds américain Vector Capital devient le premier actionnaire de Technicolor, ex-Thomson, ancien champion de l'électronique grand publique française, sorti du CAC 40 en 2007, et passé tout près de la faillite.

Rhodia : en avril 2011, Solvay annonce une OPA amicale sur son concurrent français Rhodia, pour 3,4 milliards d'euros.

Alcatel : le groupe de télécommunications fusionne avec l'américain Lucent pour créer un ensemble de 21 milliards de chiffre d'affaires et de 80.000 salariés. En 2013, le groupe ne génère plus que 14,4 milliards de CA, pour 63.000 salariés.

Arcelor: en juin 2006, l'indien Mittal avale, après plusieurs mois de bataille boursière, le français Arcelor, né de la fusion d'Aceralia (Espagne), Arbed (Belgique-Luxembourg) et d'Usinor.

Pechiney : en juillet 2003, le canadien Alcan rachète le français Pechiney pour 4 milliards d'euros suite à une OPA hostile. A l'époque, le gouvernement Raffarin ne s'oppose pas à l'opération. Les temps ont bien changé...

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