Humilité économique

Publié le par Maxime Amiot

C'est un prix prestigieux, décerné depuis 2000 par "Le Monde" et le Cercle des économistes. Le prix du meilleur jeune économiste récompense chaque année un économiste de moins de 40 ans, « qui a combiné expertise reconnue et participation active au débat public ».

Cette année, le jury a choisi Augustin Landier, professeur à l'Ecole d'économie de Toulouse, qui a concentré ses recherches sur les contrats financiers des entreprises.

Un économiste reconnu, mais qui n'a pas toujours été très inspiré. En témoigne cet article au titre ravageur, signé le 27 juillet 2007 dans "Les Echos" à la veille de la crise des subprimes : "Le mégakrach n'aura pas lieu".

Signé avec David Thesmar, il qualifiait d'"exagéré" le scénario d'une crise mondiale de liquidité. Grâce à des instruments financiers "innovants", comme la titrisation, l'environnement financier était désormais "plus sûr", vu que le "risque de la dette n'est plus supporté par quelques acteurs (les banques, les assurances), mais réparti dans l'ensemble de l'économie", indiquaient alors les auteurs.

Et de conclure "Le danger d'une explosion financière, et donc le besoin de régulation, n'est peut-être pas si grand qu'on ne le pense"

Patatras, quelques jours, plus tard, le 9 août, le marché monétaire s'effondre et la BCE réalise une première opération en déversant 94,8 milliards d'euros de liquidités.C'est le commencement de la crise financière qui culminera un an plus tard avec la faillite de Lehman Brothers, et dont les conséquences se mesurent encore aujourd'hui.

Soyons justes : Augustin Landier est loin d'être le seul à ne pas avoir vu la crise venir. Bien peu d'économistes, de politiques ou de médias avaient pointé à l'avance les déséquilibres de l'économie mondiale. Et en avril 2008, à la Une de Challenges, on remerciait Ben Bernanke, le patron de la FED, pour sa gestion de la crise, et Patrick Artus, lançait "La Crise est finie".

Humilité économique

Il est toujours facile de jeter la pierre à postériori. La morale est ailleurs, dans la friabilité des analyses des experts en tout genre, qu'il est toujours intéressant d'écouter, pas forcément de croire!

Commenter cet article