Brève histoire des "grandes vacances"

Publié le par Maxime Amiot

Brève histoire des "grandes vacances"

Les grandes vacances... Une pause longue de deux mois, grisante pour les écoliers et attendue par les adultes. L'origine de cette bonne idée? Longtemps, les vacances ont été calées sur les activités rurales (moisson). Dès le XIIIème siècle, le pape Grégoire II instituait des vacances pour les travaux agricoles, rappelle ainsi le chercheur Daniel Moatti.

Si les nobles, qui ne travaillaient pas, ont très tôt donné le rythme (hôtel particulier de ville à la mauvaise saison, dans leur château à la belle saison), suivis ensuite par les bourgeois (maisons à la campagne), les enfants de toutes classes devront attendre la IIIème République et les lois Ferry (1881-1882), qui instaure l'école obligatoire, pour goûter aux vacances. Les écoliers ont alors six semaines, lesquelles commencent le 9 août. En 1891, elles sont avancées au 1er août, puis au 14 juillet en 1912, pour durer jusqu'au 1er octobre. On a alors deux mois et demi de vacances, reflet d'une société rurale, qui a besoin de bras aux champs durant les moissons et vendanges. Vacances ne riment donc pas nécessairement avec repos...

En 1960, la rentrée est avancée au 16 septembre, et le début des grandes vacances est fixé au 28 juin. Puis, en 1981, avec l'arrivée de François Mitterand, les vacances d'été sont raccourcies (deux semaines de moins), au profit des vacances de la Toussaint (qui passent à dix jours), et d'hiver (deux semaines). Un reflet de la société française, de moins en moins agricole.

Brève histoire des "grandes vacances"

Les travailleurs adultes, eux, devront attendre 1936 et un vaste mouvement de grève, pour obtenir les deux premières semaines de congés payés, sous le Front populaire. Le "billet populaire de congés annuel" permet d'encourager les départs en offrant une réduction de 40 % sur la troisième classe, à condition de partir au minimum cinq jours et d'effectuer au moins 200 kilomètres (plus de 500 000 personnes en bénéficient). 550 000 partent ainsi en congés en 1936, puis 907.000 en 1937.

Le mouvement s'accélère après guerre : les gouvernements Guy Mollet (mars 1956) et Couve de Murville (1969) accordent une 4ème et une 5ème semaine, dans le sillage de Renault, qui avait déjà accordé ces droits à ses salariés en 1955 et 1962, avec son PDG Pierre Dreyfus. "Vous n'avez aucun sens de la discipline, mais vous avez bien fait" confiera De Gaulle au patron.

Pierre Dreyfus, ancien patron de Renault, et père des congés payés modernes

Pierre Dreyfus, ancien patron de Renault, et père des congés payés modernes

Pierre Dreyfus ira encore plus loin en 1982 : ministre de l'Industrie sous le gouvernement Mauroy, c'est lui qui mettra en place la cinquième semaine de congés payés que nous connaissons encore aujourd'hui. Sans compter la réduction du temps de travail...

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QH 07/07/2014 22:00

Cher Monsieur Amiot

Vous avez sans doute oublié de terminer votre dernière phrase:
...qui nous fait maintenant oublier qu'avant les ponts, viaducs et autres weekend prolongés n'existaient pas en dehors du mois de mai!

Bien vôtre
Mr Q