Impôt sur le revenu : un centenaire bancal

Publié le par Maxime Amiot

Impôt sur le revenu : un centenaire bancal

On n'ira pas jusqu'à lui souhaiter un bon anniversaire: il y a 100 ans, la loi du 15 juillet 1914, instaurait, à l'initiative de Joseph Caillaux, l'impôt sur le revenu en France. Aujourd'hui, avec 67 milliards d'euros récoltés en 2013, il navigue sur ses plus hauts historiques, même s'il devrait baisser à 65 milliards d'euros cette année.

Des montants bien supérieurs à ceux récoltés dix ans en arrière, puisque l'IR se montait à 46,5 milliards il y a dix ans, en 2004, et se trouvait inférieur à 40 milliards il y a vingt ans, en 1995. Mais il se concentre sur une frange de la population, puisque le pourcentage de foyers imposés s'élève cette année à 48,5%, le plus bas niveau depuis le début des années 1980.

Impôt sur le revenu : un centenaire bancal

Las, derrière ces montants impressionnants, l'impôt sur le revenu est loin d'être le prélèvement le plus élevé pesant sur les particuliers. Il est ainsi largement devancé par la TVA, un vrai mastodonte fiscal avec plus de 144 milliards d'euros, et qui représente plus de 50% des recettes fiscales de l'Etat. Ci dessous, l'évolution de la TVA (en brut)

Impôt sur le revenu : un centenaire bancal
Impôt sur le revenu : un centenaire bancal

Reste l'autre prélèvement majeur, la CSG. Créé en 1991 par Michel Rocard, elle est assise sur les revenus (7,5% du salaire brut), prélevée à la source, et vient financer la sécurité sociale. Elle a représenté 91,7 milliards d'euros de recettes, soit bien plus que l'impôt sur le revenu. En 5 ans, depuis 2009, elle s'est accrue de la bagatelle de 10 milliards d'euros... Un prélèvement moins médiatique que l'impôt sur le revenu ou la TVA, mais qui devance par exemple largement l'impôt sur les sociétés, qui lui, a rapporté 44,3 milliards d'euros en 2013.

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Au global, dans ce puzzle de la fiscalité française, on ne peut que constater que l'impressionnante augmentation des prélèvements obligatoires, qui sont passés en dix ans de 700 milliards d'euros à 945 milliards, soit 46,1% du PIB.

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