Thévenoud : quand la parole publique se mord la queue

Publié le par Maxime Amiot

Thévenoud : quand la parole publique se mord la queue

Le ministre le plus éphémère de la Vème République... En démissionnant du gouvernement Valls ce jeudi 4 septembre, Thomas Thévenoud, secrétaire d'Etat au commerce extérieur, n'a pas seulement battu le record de rapidité dans un gouvernement moderne (10 jours!). Il a aussi porté un sérieux coup à une parole publique déjà bien endommagée. Le député de Saône et Loire a en effet indiqué à l'AFP avoir démissionné pour "retards de déclaration et de paiement" au fisc, qui sont désormais "intégralement régularisés". L'homme précise n'avoir "jamais fait l'objet d'aucune poursuite judiciaire ou fiscale". Las, cette situation était suffisamment sérieuse pour que Manuel Valls décide de congédier l'élu. "Le Premier ministre a considéré que, suite à une situation découverte après sa nomination, M. Thévenoud ne pouvait poursuivre sa fonction" indiquait Matignon à l'AFP.

Le problème, c'est que Thomas Thévenoud était vice-président de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur l'affaire Cahuzac, menée afin de faire la lumière sur le compte en Suisse de l'ancien ministre du Budget. Et force est de constater que le député ne ménageait pas sa peine pour faire émerger les irrégularités fiscales commises par son ex-collègue.

Une véritable enquête conduite par un homme lui-même en délicatesse avec le Fisc, l'affaire ne manque pas de piquant... Comme cette réplique où Thomas Thévenoud lance au député Charles de Courson : "Il aura suffi de 117 jours – entre le 4 décembre 2012 et le 2 avril 2013 – pour que la vérité éclate dans cette affaire. On voudrait qu’il en fût ainsi d’autres affaires politico-judiciaires" lançait l'élu, qui ne se retrouve aujourd'hui exaucé au delà de ses espoirs...

Ou cette autre intervention à l'Assemblée, en janvier, sur l'évasion fiscale, où il déclare : "chaque euro pris sur l'évasion fiscale, c'est un euro de moins prélevé sur l'ensemble des Français et surtout les plus modestes". Comme disait Sacha Guitry, "Ca ne se donne pas, les leçons, ça se prend..."

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