Comment les joueurs de rugby sont devenus des monstres

Publié le par Maxime Amiot

Plus grand de 10 cm, et plus lourd de... 14 kg! Entre un joueur de rugby actuel des "All Blacks" et son aîné jouant en 1974, le décalage morphologique est impressionnant. Les données collectées et publiées récemment par CNN ont le mérite de mettre des chiffres sur une réalité que chacun peut tranquillement constater depuis son canapé lors des samedis pluvieux des tournées de novembre ou des tournois des 6 nations. Si les athlètes de tous les sports sont devenus des armoires à glaces (au tennis, les champions d'un grand chelem ont pris 8 cm et 11,5kg!), l'évolution du rugby reste la plus phénoménale.

Comment les joueurs de rugby sont devenus des monstres

Exemple parmi tant d'autres, l'évolution du poste de 3/4 (numéro 12 ou 13) : le français Matthieu Bastaraud qui affiche 120kg sur la balance et culmine à 1,83 mètres ; le britannique Mike Tindall avec ses 102 kg et son 1,88 mètres, le néo-zélandais Sonny Bill Williams et son 108 kg, 1,91 mètres... Des monstres bien éloignés d'un Philippe Sella, référence à son poste dans les années 1980, grand de 1,81 m, et lourd d'à peine 84 kg ou de Will Carling (90kg, 1,80 mètres)...

Des évolutions qui reflètent le professionnalisme somme toute assez récent de ce sport. Plus question pour les 3/4 de se contenter de slalomer à travers les défenses, ils doivent désormais percer des défenses regroupées, tandis que les avants doivent non seulement être des guerriers de l'ombre, mais savoir courir aux quatre coins du terrain pendant 80 minutes. De quoi forcer le respect devant tant de performances, mais alimenter aussi les questions de dopage, notamment dans certains pays comme l'Afrique du Sud. Dans un reportage diffusé cette année sur France 2, l'émission Stade 2 revenait sur la série de maladies qui touche les anciens vainqueurs de la coupe du monde 1995 ( décès en 2010 du 3ème ligne Ruben Kruger, fauteuil roulant pour le demi de mêlée Joost Van der Westhuisen, tout comme Tinus Linee, et André Venter...).

Cette flambée des morphologies ne concerne pas uniquement le rugby. Natation, sprint, basket, tennis... L'inflation du muscle sur fond de professionnalisation et d'enjeux économiques toujours plus importants est impressionnante. A voir, ce bilan chiffré passionnant établi par le spécialiste du secteur, le professeur Jean-François Toussaint, sur l'évolution des performances sur différents Jeux Olympiques. Si l'ombre du dopage restera toujours présente, pas question qu'il occulte le talent, le dépassement et les sacrifices de ces athlètes.

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