Face aux Français: l'éternel casse tête d'un chef de l'Etat

Publié le par Maxime Amiot

Un Président de la République a-t-il vocation a venir à la rencontre des Français devant la caméra? C'est la question que l'on peut se poser au lendemain de l'émission de TF1 et RTL au cours de laquelle François Hollande a peiné face à une chômeuse, une chef d'entreprise, un jeune diplômé, et une agricultrice.

Qu'il s'agisse de Nicolas Sarkozy ou de Jacques Chirac, qui avait inauguré la méthode en rencontrant des jeunes en 2005, force est de constater que ces émissions, dictées par l'ère de la téléréalité et de la défiance vis à vis des politiques, sont souvent compliquées à gérer pour l'intéressé, le risque étant d'apparaître tantôt méprisant face à des gens simples, tantôt trop proche d'eux et donc démagogue.

Alors que l'on reproche souvent aux journalistes leur trop grande retenue face au chef de l'Etat, l'homme de la rue et les personnalités extérieures, même s'ils font parfois plonger le débat dans des doléances individuelles (recherche d'emploi, difficulté à boucler les fins de mois...) permettent parfois de bousculer les échanges. Témoin la colère d'un Daniel Balavoine furibard en présence de François Mitterrand en 1980, qui donne un bon bol d'air à l'émission.

Reste une autre formule, moins risquée, la visite à domicile, dont Valery Giscard d'Estaing s'était fait une spécialité avec plusieurs déjeuners ou dîner dans des familles en 1975. Une pratique là encore peu convaincante, vu les railleries dont avait fait preuve le chef de l'Etat.

En regardant la vidéo surréaliste de Giscard jouant de l'accordéon, on se dit finalement deux choses. D'une part qu'Hollande a encore de la marge dans le ridicule. D'autre part que Pompidou ou de Gaulle étaient finalement bien inspirés de rester à l'Elysée pour communiquer avec leurs ouailles. Mais c'était une autre époque...

Commenter cet article