La droite et le casse-tête européen

Publié le par Maxime Amiot

L'UMP devancée par le Front national... Cette débâcle politique subie aux dernières élections européennes symbolise aussi la difficulté de la droite à se positionner clairement sur l'Europe.

Entre souverainistes et fédéralistes, opposants et défenseurs d'une Europe élargie, vision d'une union économique résolument libérale ou matinée de protectionnisme... Le projet européen fait souvent le grand écart. Sans compter les revirements de certains ténors, Jacques Chirac en tête.

Flash back en vidéo

1979 : Chirac refuse l'Europe mollusque

Jacques Chirac aux Assises du RPR, qui dénonce l'Europe Mollusque, guidée par les "intérêts germano-américains", où "les sociétés multinationales dictent la loi aux Etats"... "Cette Europe, nous ne l'accepterons jamais" conclut le chef de la droite qui affute alors ses armes pour la campagne Présidentielle de 1981.

1992 : la déchirure de Maastricht

Maastricht. Un traité qui a profondément divisé la famille de droite . Ce texte est le véritable acte de naissance de l'Union actuelle. Il prévoit une union économique et monétaire (naissance de la monnaie unique, l'euro, des règles de convergence économiques dont les fameux 3% de déficit public...) et donne compétence aux institutions en matière d’éducation, de culture, de santé, d’environnement, de recherche, de protection des consommateurs ou de pêche...

Soutenu par Jacques Chirac, qui avait fait son "Aggiornamento", il provoque l'opposition de plusieurs élus, dont Philippe Seguin, qui rassemble derrière lui aussi bien Charles Pasqua que Philippe de Villiers (alors UDF) ou le socialiste Jean-Pïerre Chevènement). Son discours du 5 mai 1992, écrit alors par... Henri Guaino, future plume de Nicolas Sarkozy, peut paraître prémonitoire aujourd'hui. L'homme y annonce une Europe antidémocratique, axée autour de l'Allemagne, et fustige le piège de l'euro.

L'intégralité publiée par Mediapart : http://blogs.mediapart.fr/blog/danyves/180313/le-discours-premonitoire-de-philippe-seguin

La charge de Philippe Seguin ne suffira pas, le traité de Maastricht est adopté par une courte majorité (51%). Entre temps, le député des Vosges aura rassemblée 20 millions de téléspectateurs le temps d'un débat avec un François Mitterrand fatigué par la maladie.

1999 : Sarkozy et Bayrou s'affrontent

Le clivage droite-centre se cristallise entre Nicolas Sarkozy, tête de liste du RPR, et François Bayrou, UDF. Un débat frontal, entre deux rivaux qui ont pourtant tous deux soutenus Edouard Balladur quatre ans plus tôt. Au delà des fortes inimitiés entre les deux hommes, c'est deux visions historiques de l'Europe qui s'affrontent. L'une qui se veut au dessus des clivages gauche-droite, l'autre qui y voit une construction forcément politique.

Morceaux choisis du débat, auquel participe aussi... François Hollande...

Bayrou : "L'Europe ce n'est pas d'abord un enjeu droite-gauche"

Sarkozy : "La différence entre gauche et droite est un élément structurant du débat politique, dès qu'on l'oublie c'est 50% d'absention et 15% pour Jean-Marie le Pen"

Bayrou : "Je dis la vérite. Pour une fois ca changera"

Sarkozy : "Tu es en train d'expliquer tout le mal que tu peux penser de tes amis"

Chirac, les années élargissements

En 2005, Jacques Chirac continue de pousser en faveur de l'Europe. Après l'intégration des pays de l'Est en 2004 (qui font passer l'UE à 25 membres), il se déclare favorable à l'intégration de la Turquie.

Vingt cinq ans après l'appel de Cochin, le discours a bien changé.

Sarkozy, retour aux basiques

Une politique migratoire non contrôlée (Schengen), une Europe avant tout bureaucratique qui décide même de la "taille des oeufs", mais qui est bien contente de laisser les Etats gérer la crise... La vision européenne de Nicolas Sarkozy en vidéo, à Rueil-Malmaison, mars 2012, pendant la campagne Présidentielle

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